jeudi 2 juillet 2009

Invitation : Nicolas Renahy

Fidèle à notre volonté d’explorer des thématiques politiques délaissées par les masses médias et pourtant essentiel à la compréhension de notre monde, le Cercle Jean-Jaurès aura le grand plaisir d’inaugurer notre nouvelle saison en recevant Nicolas Renahy, sociologue à l’INRA de Dijon et spécialiste des transformations des classes populaires dans le monde rural.

Il viendra nous présenter ses recherches et son livre, Les Gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale qui nous permettront de mieux cerner un espace devenu une terre de relégation pour des populations fragilisées par la mondialisation néolibérale. Aussi notre thématique pour cette soirée sera la suivante : « Les transformations sociales et politiques récentes du monde rural »

Cette conférence aura lieu le : Mardi 22 septembre 2009 à 20h au Centre social de Lons-le-Saunier

Dossier "Les transformations politiques et sociales récentes du monde rural"

Pour préparer la venue de Nicolas Renahy, voici un court dossier mettant en liens des textes permettant d'aller plus loin.

Nicolas Renahy est un jeune chercheur en sociologie à l’INRA de Dijon et au Centre Maurice Halbwachs (ENS/CNRS/EHESS). Il s’intéresse à des domaines délaissés par la sociologie actuelle. Ces publications montrent tout l’intérêt de croiser les recherches entre les milieux populaires et le monde rural. Au cœur de ses recherches, il y a les transformations du monde rural et ouvrier dans un bourg de Côte d-Or. Sa thèse a donné lieu à la publication d’un ouvrage, Les Gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale, qui permet à un grand public éclairé de se pencher utilement sur une jeunesse qui ne fait pas les grands titres des journaux tout en subissant elle aussi la dureté économique de notre temps.

Pas de discours pontifiant venu de Paris ici mais une étude de terrain longue et précise au cours de laquelle l’enquêteur s’immisce progressivement dans son milieu d’étude. L’anecdote inaugurale de son livre ne l’est pas tant que cela, la mort au volant des jeunes ruraux est moins accidentelle que sociale car l’espace rural est devenu une terre de relégation où augmentent de nombreuses formes de violence sociale. Même si on en parle moins, la fermeture d’une usine y a des conséquences plus graves que dans une agglomération.

Pendant son étude de terrain, Nicolas Renahy s’est également remis à la pratique du football pour monter ce que la pratique sportive révèle sur ce que Norbert Elias appelait le capital d’autochtonie que l’on peut également étudier sous l’angle des migrations et de la sédentarité.

Dans un contexte de profondes transformations du monde ouvrier, il réussi très bien à montrer les difficultés à transmettre les valeurs ouvrières dans un espace rural confronté à la précarisation générale de l’emploi.

lundi 22 juin 2009

Assemblée générale

Pour cette deuxième année d'existence, le Cercle Jean-Jaurès fait son bilan annuel et prépare la rentrée...

Chèr(e) ami(e),

Vous êtes chaleureusement invité à l'Assemblée Générale du Cercle Jean-Jaurès qui se tiendra le Lundi 29 juin à 20h au Centre social rue de Pavigny à Lons

Ce sera pour nous l'occasion de dresser le bilan de nos réunions publiques et de préparer ensemble notre programme pour la saison 2009-2010.
Ce sera aussi le moment de renouveler votre adhésion (voir en pièce jointe) pour nous permettre l'organisation de nos manifestations ou de l'envoyer à notre trésorier : Yves Ayats Place Bichat 39000 Lons-le-Saunier.

Notre ordre du jour sera donc le suivant :
• Rapport moral
• Rapport financier
• Préparation du programme pour la rentrée 2009
• Questions diverses

Mes amitiés jaurésiennes,

Jean-Philippe Huelin
Président du Cercle Jean-Jaurès

jeudi 4 juin 2009

Compte-rendu de la conférence d'Arnaud Deborne

Quelle vision du Jura de demain ?

L’écriture avec Bernard Roux du livre Quand le Jura s’éveillera a été pour moi le moment d’un retour, tout provisoire, dans le Jura. Après quelques années passées à Paris au cabinet de Georges Sarre, cet essai a marqué mon retour dans mes terres natales. Retour en fait de courte durée car, si le livre s’est bien vendu (les 500 exemplaires tirés sont épuisés), il n’a eu que peu de conséquences dans le Jura. Je m’en suis moi-même éloigné pour aller m’installer à Genève.

1. Contexte économique 

Le Jura n’est pas une île. Nous sommes dans une économie ouverte sur laquelle nous ne pouvons rien. Or notre département connaît le vieillissement et l’exode de sa population. La part des jeunes et des actifs dans la population baisse encore plus ici que la moyenne régionale déjà faible. Il y a de plus un exode de la population du cœur du Jura, dans les espaces qui ne sont pas aux marges des grandes villes proches.

L’activité industrielle, l’activité traditionnelle, est en repli constant (lunetterie, plasturgie…). La crise touche les fournisseurs de l’automobile, jusque là secteur de repli. La parenthèse industrielle semble se refermer dans le Jura comme ailleurs sans que les élus soient à la hauteur des événements : que faire ? que sauver ? quelles politiques de reconversion ?

2. Problèmes politique et géographiques 

On ne peut que s’attrister devant la vision cloisonnée des élus départementaux. Les conseillers généraux sont enfermés dans leur canton, sans vision générale de développement du Jura. Il y a une absence totale de projet à la dimension du département compris dans un espace plus large, l’arc jurassien.

Le Jura est en fait au centre de l’espace formé par 4 métropoles extérieures à lui : Dijon, Besançon, Genève et Lyon. Le développement particulier de chacune de ces aires métropolitaines aspirant plus ou moins des parties de notre département complique encore plus son fonctionnement propre.

 3. Les avantages du Jura 

Dans notre livre, nous avions mis en avant les avantages de notre territoire. A l’exception du haut-débit dont la mise en place par le Conseil Général avec des moyens techniques déjà dépassés n’est pas du tout à la hauteur de ce que nous préconisions, les autres atouts demeurent : l’environnement, le savoir faire agro-alimentaire, la montagne et les richesses culturelles.

4. Pistes de développement 

 Le dossier du TGV est très négatif pour le Jura au sens où il monopolise l’attention alors que nous ne maîtrisons rien, que rien n’est financé et que de toute façon, le TGV n’apportera à lui seul rien au développement du Jura.

Plusieurs pistes me viennent à l’esprit, bien sûr, il y en a beaucoup d’autres :
• Développer les coopérations dans l’agro-alimentaire entre Poligny et les pôles de recherches de Bourg-en-Bresse et de Dijon
• Revoir la filière bois et la développer vers l’habitat car le développement des normes Haute Qualité Environnementale (HQE) ouvrent des horizons. Pourquoi le bois jurassien est-il bas de gamme ?
• Nous avons un formidable atout environnemental mais nous nous endormons dessus. Pourquoi ne pas développer une filière de traitement du lisier pour en faire du méthane, les Chinois le font déjà ?
• Les Rousses se trouvent à proximité de Genève et de ses institutions internationales. On pourrait utilement développer en partenariat avec nos amis Suisses un campus international de formation aux carrières diplomatiques à destination des pays francophones ainsi que des formations pour intégrer les ONG, très présentes à Genève.

5. Méthode 

Je n’ai plus confiance en ce personnel politique local. Il faut le dépasser en créant des groupes de travail et des lieux d’éducation populaire afin de tisser des liens entre personnes d’un même secteur qui ne se connaissent pas. Eux seuls peuvent inventer et porter des pistes de développement.

 6. Les échos du livre

Je regrette vraiment de ne pas avoir été assez lu par les hommes politiques et les décideurs jurassiens. Nous avons perdus du temps, certains projets ne peuvent plus se faire (haut-débit par fibre optique) et cela au détriment des Jurassiens. Peut-être y a-t-il eu un brouillage du livre par ses auteurs (Bernard Roux, ex-directeur de cabinet au Conseil Général du Jura, Arnaud Deborne partisan de Jean-Pierre Chevènement en 2002) ? Le livre a en revanche eu des lecteurs attentifs ailleurs : Lausanne par exemple.

Bernard Roux a précisé que le livre avait été en effet plus lu à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il a été lu à Besançon et par des chefs d’entreprises qui soutiennent les propositions du livre. Il faut en effet du temps par faire passer des idées. Leur production n’est jamais du temps perdu.

Conclusion

Je ne peux que souhaiter que notre livre soit lu ou relu en attentant des suites…

vendredi 8 mai 2009

Invitation : Arnaud Deborne

Avant la trêve estivale et face aux interrogations politiques et stratégiques de la gauche jurassienne sur la meilleure attitude à avoir au Conseil Général, le Cercle Jean-Jaurès se propose de poser le problème par son versant le moins exploré et pourtant le seul utile à nos concitoyens : celui des projets d’avenir pour le développement de notre département. 

Pour cela, nous recevrons Arnaud Deborne, titulaire d’une maîtrise IUP Aménagement et Développement Territorial de l’Université de Pau et d’un DUT en gestion d’entreprises de l’Université Lyon II et aussi l’auteur, avec Bernard Roux, de l’essai paru il y a quatre ans « Quand le Jura s’éveillera » aux éditions Aréopage. 

Ce sera pour nous l’occasion de tracer des pistes et de lancer des ponts pour permettre au Jura de sortir d’une certaine incapacité à penser collectivement son avenir. Aussi nous tenterons de répondre à la question :

 « Quelle vision du Jura de demain ? » 

Cette conférence aura lieu le : Mercredi 27 mai 2009 à 20h au Centre social de Lons-le-Saunier