jeudi 28 février 2008
Entretien avec Julien Landfried
vendredi 1 février 2008
Invitation : Julien Landfried
Julien Landfried, le 28 février 2008 sur le thème : "La société française face au communautarisme"Fidèle a sa mission qui est de donner aux citoyens de notre région des outils pour comprendre le monde et repenser la gauche, le Cercle Jean-Jaurès poursuit son cycle de conférence pour le premier semestre 2008.
Après la venue, le mois dernier, de Michel Vernus qui a su revenir en détail sur la premier siècle d’histoire républicaine en France et dans le Jura, nous avons la joie d’accueillir un jeune chercheur à l’esprit vif.
En effet, Julien Landfried a su, parmi les premiers en France, démasquer les risques du surgissement communautaire. Il est le fondateur de l’Observatoire du communautarisme. Il aura l’occasion de vendre et de dédicacer son livre Contre le communautarisme paru l’année dernière chez Armand Colin.
Nous nous permettons de vous inviter à la conférence qu’il tiendra le : Jeudi 28 février 2008 à 20h au Centre social de Lons-le-Saunier
Comptant sur votre présence, nous vous adressons nos amitiés républicaines.
mercredi 30 janvier 2008
Compte-rendu de la conférence de Michel Vernus
Le combat pour la République en France et dans le Jura au XIXe siècleLe combat pour la République au XIXème siècle est dans la poursuite du cycle révolutionnaire pendant lequel le régime républicain a rejailli du fin fond des âges. Si elle est née pendant l’Antiquité, notre République s’inspire surtout du siècle des Lumières avec son opposition farouche à l’absolutisme royal.
Pour emporter l’adhésion du pays, l’idée républicaine a due gagner à sa cause les campagnes françaises. A cet égard, notre département rural du Jura va nous permettre de mieux comprendre le sens et les étapes de ce combat pour la République.
1.Jules Grévy, président de la République, républicain et jurassien
Pour Jules Grévy, le souvenir de la Révolution s’est transmis au sein de sa famille oralement et par écrit. Dans les campagnes comme le Jura, elle suscite enthousiasme et peur (la Terreur).
Jules Grévy fut le premier président républicain de la République troisième du nom. Il l’a été 9 ans de 1879 à 1886. Pendant cette période, les piliers du régime ont été mis en place. De même que Jule Ferry ou Léon Gambetta, Grévy est un républicain qui rassure la population et c’est là l’objectif des républicains : ne plus faire peur. « Je ne veux pas que la République fasse peur » dit Grévy dès les années 1830.
2.Cheminement de l’idée républicaine au XIXème siècle
Pour réussir à s’imposer, pour réussir à transformer l’essai de la période révolutionnaire, la République doit engager un long combat qui dure près d’un siècle.
a)La République clandestine (1805-1848)
Pendant ce premier 19ème siècle, la République est un régime honni et comparé à la période de la Terreur. Ses défenseurs sont rares car poursuivis par la police tant impériale que monarchique. Cette République clandestine se renouvelle dans des idéologies naissantes avec le siècle comme le socialisme inventé par Pierre Leroux en 1833.
Dans les campagnes, des sociétés républicaines au recrutement populaire survivent : celle d’Arbois compte même 600 adhérents en 1831.
b)La Deuxième République et le Second Empire 1848-1870)
La 2ème République est éphémère (3 ans) car la France n’est pas encore républicaine, le suffrage universel que les Républicains ont instauré par naïveté le montre. Dès les élections de juin 1848, les résultats entrainent la méfiance entre les ouvriers qui se détachent de « la Sociale » et les bourgeois qui craignent les « Rouges » ; les libertés publiques gagnées en février sont rognées dès juin. La France entre dans la République conservatrice qui voit la division des Républicaines entre les radicaux (les « rouges ») et les modérés (les « bleus »), dont fait partie Grévy. Très vite d’ailleurs, les « rouges » entrent en clandestinité (la Charbonnerie survit par ses écrits et sa presse pourchassées par le pouvoir).
L’idée républicaine se réfugie dans des sensibilités existantes (Proudhon, Fourrier, Icariens…). Le coup d’Etat du 2 décembre 1851 exile près de 20 000 républicains qui se dispersent en Europe. Le courant communiste de Cabet (originaire de Bourgogne) essaime grâce à des brochures distribuées par des colporteurs dans les milieux artisanaux (charrons, maréchaux-ferrant) dont l’organisation facilite la propagande.
Jules Grévy est élu député au Corps législatif en 1868, il est le 5ème député républicain élu pendant l’empire de Napoléon III.
c)La Troisième République
L’expérience de 1848 a été longuement méditée par les Républicains qui donc se méfient et rejettent l’élection d’un président au suffrage universel. Les deux premiers présidents, élus par les Assemblées, de cette République (Adolphe Thiers et Mac-Mahon) sont d’ailleurs des monarchistes qui se donnent pour mission, comme la majorité monarchiste de la Chambre des députés, de convaincre le comte de Chambord de prendre le pouvoir et de restaurer la monarchie. Le septennat est d’ailleurs créé pour donner du temps à cette opération mais le problème du drapeau blanc sauve la République.
Léon Gambetta et les Républicains mènent un combat politique pendant toutes cette décennie 1870 pour ancrer la République dans les consciences ; le nombre de républicains augmente régulièrement à la Chambre comme au Sénat. A cet égard, l’élection de Grévy à la présidence est un aboutissement : les Républicains sont maîtres de la République.
La République s’installe donc avec à sa tête ceux que l’on appelle les Républicains opportunistes, alors que les Républicains radicaux occupent une opposition de gauche avant de prendre le pouvoir à la fin du siècle. Les vingt ans entre 1879 et 1899 voient les grandes lois républicaines aboutir : presse, syndicat et Ecole. Il ne manque que la loi sur les associations et celle de Séparation pour parachever l’œuvre des Républicains.
3.La République comme bataille culturelle
Pendant ce siècle, il y eu une myriade d’associations et de réseaux qui ont diffusé l’idée républicaine :
•La Franc-maçonnerie, présente à Lons, Dole et Saint-Claude au recrutement bourgeois
•La Libre pensée, la plus influente, la plus populaire dans son recrutement dans les milieux urbains et ruraux
•La Ligue des Doits de l’Homme
•Le réseau des bibliothèques populaires qui diffuse de la littérature républicaine
Les républicains disposent d’autres moyens : les commémorations, les fêtes, les banquets et autres symboles mais c’’est un combat très rude entre deux France comme le montre l’Affaire Dreyfus.
Aujourd’hui encore, la République est un combat qui doit continuer :
•La laïcité
•L’équilibre exécutif / législatif
•La contestation sociale ou lutte des classes comme dépassement de principes abstrait pour devenir des réalités concrètes.
Les thématiques abordées dans le débat avec la salle ont été :
•La notion de bataille culturelle
•L’éducation comme mode de défense de la République et du rôle de l’instruction civique
•Fin de l’idée républicaine dans le monde d’aujourd’hui ?
•La part des utopies dans ce combat
•La gauche d’aujourd’hui est-elle rassurante ?
•Développement sur la République arboisienne de 1834
•La notion d’internationalisme
•La culture populaire
Conclusion par Jean-Philippe Huelin, président du Cercle Jean-Jaurès
Ce qui me parait très intéressant dans le propos de Michel Vernus, et que l’on oublie trop souvent, c’est cette période où l’idée républicaine, pourtant érigée et à cause de cela même comme un modèle et un aboutissement révolutionnaire, devient une option politique interdite et combattue par les Empires personnalisés et la Monarchie restaurée. Cette « République des Catacombes » a demandé à ceux qui la défendaient un tel sacrifice qu’ils me font penser à nos Résistants de la dernière guerre mondiale. Ils sont, plus que d’autres encore, admirables.
On devrait ici faire une étude médiologique, discipline inventée par Régis Debray, pour aborder la force performative de l’idée républicaine. C’est-à-dire comprendre par quels moyens et selon quelles étapes l’idée de République se transforme en régime républicain ; c’est ce qu’il y a entre l’idée et la réalisation de cette idée.
D’autres thèmes ont retenu mon attention et pourraient faire l’objet d’autres réunions de notre cercle :
•La question de la bataille culturelle invite à relire Antonio Gramsci qui avait théorisé la notion de combat pour gagner l’hégémonie culturelle qui est la condition à la victoire politique. Nous avions vu lors de notre première réunion en juin dernier comment Nicolas Sarkozy y est parvenu à la dernière élection présidentielle.
•Les rapports entre lutte des classes et République, question ancienne un temps résolue par Jaurès, semble se reposer à notre société ainsi que le cadre internationaliste pour la lutte socialiste.
•Les rapports entre l’utopie et l’idée socialiste.
•La question scolaire et plus particulièrement celle de l’instruction civique mérite notre attention. Il en est de même pour la laïcité. Que de travail en perspective !
Pour finir, je vous engage à lire le livre de Michel Vernus qui développe son propos du jour : La République au village dans le Jura (1789-1914)
mardi 22 janvier 2008
Programme de conférences
jeudi 10 janvier 2008
Invitation à Michel Vernus
Michel Vernus, le 22 janvier 2008 sur le thème : « le combat pour la République en France et dans le Jura au XIXe siècle »Après la victoire de Nicolas Sarkozy et du néolibéralisme à la française, la gauche est un chantier en reconstruction. Pour que les femmes et les hommes de gauche et de progrès ainsi que tous les républicains reprennent en main leur avenir, il nous a semblé utile de fonder un espace politique ouvert, un forum où tous ceux qui veulent participer à cette reconstruction puissent s’exprimer et réfléchir ensemble.
Aujourd’hui, à Lons-le-Saunier, le Cercle Jean-Jaurès propose un calendrier de réunions pour le premier semestre 2008 (voir pièce jointe). La prochaine réunion publique à laquelle nous nous permettons de vous convier aura lieu le : Mardi 22 janvier 2008 à 20h au Centre social rue Pavigny de Lons
Fidèle à notre figure tutélaire, Jean Jaurès, nous avons voulu revenir à la racine de notre engagement républicain et progressiste. Pour cela, nous avons invité Michel Vernus, historien et professeur émérite de l’université de Franche-Comté, qui tiendra une conférence sur le thème : « le combat pour la République en France et dans le Jura au XIXe siècle ».
Comptant sur votre présence, nous vous adressons nos amitiés républicaines.
vendredi 29 juin 2007
Compte-rendu de la première réunion
Introduction par Jean-Philippe Huelin, Président du Cercle Jean-Jaurès
Présentation du Cercle
Notre cercle entend devenir un espace politique de discussion et de réflexion, ouvert à tous, à gauche et au-delà. Nous devrons savoir ouvrir au maximum ce cercle pour élargir nos réflexions et créer à l’échelle locale un embryon de forum où tous les progressistes puissent se parler.
Nous l’avons placé sous les auspices de Jean Jaurès car il fut le grand rassembleur des socialistes français il y a maintenant plus d’un siècle. Il est pour nous une référence car il a su reconstruire l’idéologie et rechercher l’unité, deux tâches auxquelles il est urgent de s’atteler.
Nous fonctionnerons de façon privilégiée sous la forme de réunion publique thématique avec des invités locaux ou nationaux capables de nous éclairer sur tel ou tel sujet. Le moment venu, un journal interne ou un blog pourront utilement relayer notre existence et nos activités.
Bilan des scrutins du printemps 2007
Avant de lancer la discussion, je vous propose quelques éléments d’analyse :
• Electoralement, la nette défaite de notre candidate au 2nd tour de la présidentielle s’explique par le faible score des gauches au 1er tour alors que la droite avait fait son unité autour de Nicolas Sarkozy.
Le sursaut de la gauche au 2nd tour des législatives ne permet pas pour autant d’éviter une nouvelle défaite qui marque aussi la perte de valeur pour cette élection qui suit immédiatement la présidentielle. L’abstention y a d’ailleurs été plus forte.
• Géographiquement, on peut observer une nouvelle carte électorale pour la droite qui est forte dans le Sud-est, l’Est et le Bassin parisien, c’est-à-dire, la France peuplée et industrieuse. La gauche, elle, confirme sa percée dans l’Ouest et dans les villes-centres mais cette progression ne compense pas les pertes.
• Sociologiquement enfin, les jeunes actifs et les plus de 65 ans ont massivement voté Sarkozy, les jeunes étudiants et les baby-boomers plutôt Royal. Cette dernière augmente le score réalisé par le PS chez les ouvriers avec 20% contre 12% pour Jospin en 2002. Mais cela reste trop faible. L’opposition centre/périphérie recoupe gagnants/perdants de la mondialisation et ce sont les gagnants qui votent plutôt pour la gauche !
La gauche a donc devant elle un énorme combat pour les valeurs de gauche, un combat culturelle au sens de Gramsci, si elle veut retrouver le pouvoir. Ce combat pourrait s’articuler autour de 4 ensembles de thématiques que nous pourrions décliner à notre échelle :
Lutte contre les présupposés de la mondialisation néolibérale
Travail, solidarité, mérite
Identité nationale, internationalisme
Institutions
Interventions dans la salle
Marc-Henri Duvernet, militant socialiste, dénonce les mensonges de la campagne de Sarkozy. La gauche doit retrouver le sens des mots et des choses et les expliquer à nos concitoyens. Il y a bien une bataille culturelle à base de mots qu’il faut mener.
Joseph Desvignes, militant socialiste, revient sur les ouvriers qui ne sont jamais évoqués par les candidats socialistes (Jospin-Royal) alors qu’ils existent toujours ! Les idées de nation et d’autorité ont certes été reprises par notre candidate mais pas assez. D’ailleurs, le vote rural fort pour la droite compte souvent des exclus des villes à cause de la hausse du logement.
Patrick Viverge, candidat socialiste dans la circonscription de Dole, va dans le même sens. Nous avons été victimes d’une campagne marketing, fondée sur l’affect et non l’intelligence des électeurs. Il y a une inadéquation entre la réalité sociale et les discours. Nous sommes tous victimes de cette communication à coup de slogan.
Elisabeth Boyer, candidate radicale de gauche dans la circonscription du Haut-Jura, pense que le candidat de droite a mieux su porter la « valeur travail » que la gauche car les 35h ont engendré modération salariale et baisse du niveau de vie des salariés. Si la stigmatisation des RMIstes a été autant favorables au candidat de droite, c’est parce que la peur de la déchéance sociale et du déclassement n’a jamais été aussi forte. Paradoxalement, nous devons comprendre, même si c’est dur à accepter, que le vote Sarkozy est pour beaucoup un vote d’espoir. La gauche n’a pas su faire rêver.
Sylviane Pernet, candidate communiste dans la circonscription de Lons, met en avant le paradoxe d’une France à droite alors que les attentes sont à gauche. Cette incompréhension entre la gauche et le peuple vient de la déception de l’expérience de la Gauche plurielle de 1997-2002. Nous devons revendiquer les 35h, le travail reste dur, il faut en donner à tous et il faut le revaloriser au niveau de salaires (1500 € brut).
Patrick Viverge rebondit sur une remarque de Monique Bachellier qui dénonçait l’absence de la gauche du terrain social et syndical, la gauche et le PS en particulier furent absents du terrain local. Il montre aussi que la France n’a pas compris qu’elle était socialement de gauche, qu’elle avait besoin de la gauche pour faire face à ses problèmes.
Joseph Desvignes ne veut pas qu’on laisse assimiler gauche et vœu de pauvreté. La France a une très forte productivité, c’est le partage de la valeur ajoutée qui est très inégale.
Elisabeth Boyer dit que la gauche n’a pas été crédible dans les petites entreprises et le commerce. Forte de son expérience dans le Haut-Jura, elle met en avant le rôle excessif des maires et des conseillers généraux sur le vote. Il y a un affaissement de l’idéal républicain au profit d’un système clientéliste.
Présentation du Cercle
Notre cercle entend devenir un espace politique de discussion et de réflexion, ouvert à tous, à gauche et au-delà. Nous devrons savoir ouvrir au maximum ce cercle pour élargir nos réflexions et créer à l’échelle locale un embryon de forum où tous les progressistes puissent se parler.
Nous l’avons placé sous les auspices de Jean Jaurès car il fut le grand rassembleur des socialistes français il y a maintenant plus d’un siècle. Il est pour nous une référence car il a su reconstruire l’idéologie et rechercher l’unité, deux tâches auxquelles il est urgent de s’atteler.
Nous fonctionnerons de façon privilégiée sous la forme de réunion publique thématique avec des invités locaux ou nationaux capables de nous éclairer sur tel ou tel sujet. Le moment venu, un journal interne ou un blog pourront utilement relayer notre existence et nos activités.
Bilan des scrutins du printemps 2007
Avant de lancer la discussion, je vous propose quelques éléments d’analyse :
• Electoralement, la nette défaite de notre candidate au 2nd tour de la présidentielle s’explique par le faible score des gauches au 1er tour alors que la droite avait fait son unité autour de Nicolas Sarkozy.
Le sursaut de la gauche au 2nd tour des législatives ne permet pas pour autant d’éviter une nouvelle défaite qui marque aussi la perte de valeur pour cette élection qui suit immédiatement la présidentielle. L’abstention y a d’ailleurs été plus forte.
• Géographiquement, on peut observer une nouvelle carte électorale pour la droite qui est forte dans le Sud-est, l’Est et le Bassin parisien, c’est-à-dire, la France peuplée et industrieuse. La gauche, elle, confirme sa percée dans l’Ouest et dans les villes-centres mais cette progression ne compense pas les pertes.
• Sociologiquement enfin, les jeunes actifs et les plus de 65 ans ont massivement voté Sarkozy, les jeunes étudiants et les baby-boomers plutôt Royal. Cette dernière augmente le score réalisé par le PS chez les ouvriers avec 20% contre 12% pour Jospin en 2002. Mais cela reste trop faible. L’opposition centre/périphérie recoupe gagnants/perdants de la mondialisation et ce sont les gagnants qui votent plutôt pour la gauche !
La gauche a donc devant elle un énorme combat pour les valeurs de gauche, un combat culturelle au sens de Gramsci, si elle veut retrouver le pouvoir. Ce combat pourrait s’articuler autour de 4 ensembles de thématiques que nous pourrions décliner à notre échelle :
Lutte contre les présupposés de la mondialisation néolibérale
Travail, solidarité, mérite
Identité nationale, internationalisme
Institutions
Interventions dans la salle
Marc-Henri Duvernet, militant socialiste, dénonce les mensonges de la campagne de Sarkozy. La gauche doit retrouver le sens des mots et des choses et les expliquer à nos concitoyens. Il y a bien une bataille culturelle à base de mots qu’il faut mener.
Joseph Desvignes, militant socialiste, revient sur les ouvriers qui ne sont jamais évoqués par les candidats socialistes (Jospin-Royal) alors qu’ils existent toujours ! Les idées de nation et d’autorité ont certes été reprises par notre candidate mais pas assez. D’ailleurs, le vote rural fort pour la droite compte souvent des exclus des villes à cause de la hausse du logement.
Patrick Viverge, candidat socialiste dans la circonscription de Dole, va dans le même sens. Nous avons été victimes d’une campagne marketing, fondée sur l’affect et non l’intelligence des électeurs. Il y a une inadéquation entre la réalité sociale et les discours. Nous sommes tous victimes de cette communication à coup de slogan.
Elisabeth Boyer, candidate radicale de gauche dans la circonscription du Haut-Jura, pense que le candidat de droite a mieux su porter la « valeur travail » que la gauche car les 35h ont engendré modération salariale et baisse du niveau de vie des salariés. Si la stigmatisation des RMIstes a été autant favorables au candidat de droite, c’est parce que la peur de la déchéance sociale et du déclassement n’a jamais été aussi forte. Paradoxalement, nous devons comprendre, même si c’est dur à accepter, que le vote Sarkozy est pour beaucoup un vote d’espoir. La gauche n’a pas su faire rêver.
Sylviane Pernet, candidate communiste dans la circonscription de Lons, met en avant le paradoxe d’une France à droite alors que les attentes sont à gauche. Cette incompréhension entre la gauche et le peuple vient de la déception de l’expérience de la Gauche plurielle de 1997-2002. Nous devons revendiquer les 35h, le travail reste dur, il faut en donner à tous et il faut le revaloriser au niveau de salaires (1500 € brut).
Patrick Viverge rebondit sur une remarque de Monique Bachellier qui dénonçait l’absence de la gauche du terrain social et syndical, la gauche et le PS en particulier furent absents du terrain local. Il montre aussi que la France n’a pas compris qu’elle était socialement de gauche, qu’elle avait besoin de la gauche pour faire face à ses problèmes.
Joseph Desvignes ne veut pas qu’on laisse assimiler gauche et vœu de pauvreté. La France a une très forte productivité, c’est le partage de la valeur ajoutée qui est très inégale.
Elisabeth Boyer dit que la gauche n’a pas été crédible dans les petites entreprises et le commerce. Forte de son expérience dans le Haut-Jura, elle met en avant le rôle excessif des maires et des conseillers généraux sur le vote. Il y a un affaissement de l’idéal républicain au profit d’un système clientéliste.
jeudi 28 juin 2007
Première réunion publique du Cercle
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