mardi 13 janvier 2009

Invitation : Michel Vernus

Deuxième rencontre avec l'historien Michel Vernus pour notre cercle. Après le combat pour la République, nous parlerons de Victor Considérant, un Jurassien né à Salins et dont nous venons de célébrer le bicentenaire de la naissance. Il fut le disciple et le continuateur de Charles Fourier, mais plus qu'un philosophe, il fut un militant et fit entrer en politique les thèses de ce dernier.

Michel Vernus élargira son propos en évoquant les travaux des premiers socialistes (Proudhon, Pierre Leroux, Louis Blanc, Robert Owen, Etienne Cabet...) qu'il est injuste d'appeler, un peu dédaigneusement comme le fit Marx, des "socialistes utopiques".

Cette conférence aura lieu au Centre social de Lons, rue de Pavigny, le mercredi 4 février 2009 à 20h.

A la fin de celle-ci, Michel Vernus dédicacera sa biographie de Victor Considérant paru chez Canevas éditeur en 1993 et qui reste la référence.

dimanche 30 novembre 2008

Dossier « Victor Considérant et les premiers socialistes »

Pour préparer la venue de Michel Vernus, voici un court dossier mettant en liens des textes permettant d'aller plus loin.
1. Victor Considérant
Pour notre camarade jurassien, la biographie de Michel Vernus est le livre à lire ; on peut compléter sa lecture avec celle d’un chercheur étasunien Jonathan Beecher pour les anglicistes.
Pour une première approche, deux courtes notices biographiques font l’affaire : celle du site des études fouriéristes ou celle du site de l’Université de Poitiers.
On peut aussi lire des textes de Considérant comme sa Description du phalanstère ou Le socialisme devant le vieux monde.

2. Saint-Simon
Sur Saint-Simon et les Saint-simoniens, on dispose d’une bonne introduction.

3. Robert Owen
L’article de Wikipédia est la meilleure introduction. On peut y joindre l'étude d'Ophélie Siméon.

4. Charles Fourier
L’Association des études fouriéristes fournit le portail le plus complet sur Charles Fourier et ses disciples. On pourra ainsi consulter en ligne les numéros des Cahiers Charles Fourier toujours passionnants.

5. Etienne Cabet
L’œuvre d’Etienne Cabet Voyage en Icarie reste incontournable.

6. Pierre Leroux
La figure de Pierre Leroux a été récemment réévaluée grâce au travail de Vincent Peillon qui lui a consacré un livre fort éloquent : Pierre Leroux et le socialisme républicain.
Par ailleurs les amis de Pierre Leroux accomplissent un travail notable de recension des travaux effectués sur l’inventeur du mot « socialisme ».
Il y a peu de temps, une anthologie des écrits de Pierre Leroux a été publiée.

7. Pierre-Joseph Proudhon
Il faut signaler l’existence d’une société Pierre-Joseph Proudhon qui procède à un grand travail de recherche sur un autre socialiste historique comtois.
On consultera avec profit le portail de l’Université du Québec qui offre une grande possibilité de téléchargement de textes de Proudhon.

8. Louis Blanc
Il existe une thèse de doctorat écrite par Benoit Charruaud en 2008 sur Louis Blanc, la république au service du socialisme : droit au travail et perception démocratique de l'État.
Un colloque s’est tenu en 2000 et rassemble un grand nombre de contributions sous le titre : Louis Blanc, un socialiste en république par Francis Démier.
Enfin le grand texte de Louis Blanc reste, en plus de son Histoire de la Révolution française, l’Organisation du travail.

9. Premiers socialistes et socialisme utopique
L’Université de Poitiers est un train de construire une bibliothèque virtuelle consacré aux premiers socialismes qui permet d’aller directement aux textes.
Pour une présentation générale de ce que Marx et Engels ont appelé le « socialisme utopique », il faut aller sur Wikipédia.

10. Utopie
Parmi des nombreux sites, retenons trois sites : celui de l’exposition Utopie réalisée par la Bibliothèque National de France et celui de Michel Antony intitulé Ressources sur l'utopie, sur les utopies libertaires et les utopies anarchistes et un blog sur les utopies et les avant-gardes.

Satire des idées nouvelles, Extrait du Journal pour rire, n° 37, octobre 1848.
Lithographie à la plume de Bertall

vendredi 10 octobre 2008

Compte-rendu de la conférence de Gaël Brustier

Les socialistes, les altermondialistes et les autres

L’écriture de mon livre (Les socialistes, les altermondialistes et les autres, éditions Bruno Leprince, septembre 2008) parachève deux moments de mon parcours politique : d’abord ma découverte de la Révolution bolivarienne au Venezuela, ensuite la campagne du référendum sur le Traité Constitutionnel européen (TCE).
Une seule question compte : Comment inscrire la gauche dans la durée au pouvoir ?

1. La Révolution bolivarienne

L’expérience vénézuélienne a été, est encore, particulièrement enrichissante. Depuis dix ans, on assiste à la libération d’un peuple par rapport à son élite qui l’a depuis toujours opprimée, délaissée et méprisée. C’est d’autant plus étonnant que c’est sur ce continent qu’ont été testées les idées néolibérales dès les années 1970. Il suffit de se souvenir du Chili d’Allende où régnaient les Chicago boys de Milton Friedman.
A partir du détonateur vénézuélien, un véritable séisme politique a fait basculer à gauche de plus en plus d’Etats d’Amérique latine : Chili, Argentine, Brésil… Il faut aussi comprendre la révolution bolivarienne dans ce contexte continental.

2. La marginalisation des forces progressistes en Europe

Saisissant contraste avec la situation sur le vieux continent. Ici, en effet, les forces de progrès sont en déclin constant et n’arrivent même pas à exister face à une droite caricaturale dans la bêtise comme le montre l’exemple italien. Encore très récemment en Autriche et en Bavière, la droite au pouvoir recul aux élections mais la gauche n’en tire aucun profit électoral.
Il s’agit bien d’un divorce entre la gauche et le peuple. Nous avons vécu, il y a trois ans, lors du référendum sur le TCE, l’énième épisode d’une rupture qui a commencé en France en 1983 au nom de l’Europe. De façon dramatique pour la gauche, comme pour l’idée européenne d’ailleurs, la conversion des élites françaises et européennes aux dogmes libéraux est concomitante de la construction d’une Europe institutionnelle sous la forme d’un méta-Etat qui tourne le dos à la démocratie.

3. Les combats à mener pour les gauches

Il faut d’abord partir des réalités. Le drame du PS aujourd’hui est de ne pas comprendre la nouvelle sociologie française qui voit les couches populaires cumuler les marginalisations sociales et territoriales et de ne pas penser la géopolitique impérialiste des Etats-Unis.
En ne développant vraiment que des thématiques sociétales, socialistes comme communistes laissent les couches populaires en déshérence et donc dans les bras d’une droite néolibérale et faussement volontariste.

4. Les impasses du référendum sur le TCE

Ce moment politique a montré à quel point les couches populaires savaient encore se politiser quand il le faut. On a vu naître une forme d’ « altermondialisme sociologique ». Les citoyens ont pu et su relier leur malaise quotidien à une logique globale (Europe-mondialisation).
Le problème a été que de cette victoire du NON, la gauche noniste n’a rien su en faire. Seule Ségolène Royal a pu, lors des dernières présidentielles, enrayer la chute du PS dans les couches populaires.

Conclusion

Il me semble que l’enjeu pour la gauche française est de savoir construire des analyses communes sur les problèmes majeurs de notre temps. A partir de cette analyse, il sera alors temps d’élaborer un nouveau « front de classe » pour avoir une assise sociale plus stable pour rester au pouvoir plus durablement.
Si j’ai, dans mon livre, fait un détour par le CERES (courant marxiste du PS de 1965 à 1986 animé par Chevènement-Sarre-Motchane), c’est justement pour donner un modèle d’organisation à l’intérieur du PS qui a su en influer la ligne dans une logique de prise de pouvoir (union de la gauche).

Le débat avec la salle

Plusieurs intervenants sont intervenus pour enrichir la réflexion :

• Le premier a mis en avant l’incapacité de la sphère altermondialiste à penser et donc se saisir du pouvoir. D’autant plus, dans une situation de balkanisation de la gauche où les déceptions des années 1980 ont délégitimé les partis au profit des associations et de l’humanitaire.

• Un autre a témoigné que les prémisses de social-libéralisme existaient dès 1981 dans certains organes de la deuxième gauche ou de la CFDT. Il s’est aussi demandé comment propager des idées alternatives au système dans un paysage médiatique autant aux ordres du pouvoir.

• Le rôle du PS ne doit pas être surestimé dans deux domaines. La représentation des couches populaires a longtemps été le cœur électoral du PC et non du PS ; de plus par rapport aux Etats-Unis, le PS a toujours été hésitant dans son histoire entre atlantisme et indépendance nationale.
Le Venezuela est un modèle au sens où le pouvoir s‘appuie sur deux piliers : les partis de gauche et le mouvement social. Il n’y a pas de séparation entre les sphères politique et syndicale. Cela pose en France le problème de la Charte d’Amiens.

• Le président d’ATTAC Jura a expliqué la forte présence dans son association des thématiques écologiques et sur la décroissance. Les partis de gauche devraient plus travailler trois thématiques essentielles : la relocalisation économique (et surtout agricole), la question du protectionnisme et une politique des transports durable.

• A la question qui lui était posée de la place des questions institutionnelles et en premier lieu celle de la 6ème République, Gaël Brustier a répondu que le projet n’était réellement intéressant que si le mandat révocatoire en faisait partie.

mercredi 10 septembre 2008

Invitation : Gaël Brustier

Gaël Brustier, le 1er octobre 2008, présentera son livre : "Les socialistes, les altermondialistes et les autres" (éditions Bruno Leprince)

Nouvelle saison et première conférence de notre cercle avec comme invité Gaël Brustier, 30 ans, doctorant en Sciences politiques. Il est fondateur d’EUROSUR, une entreprise coopérative spécialisée dans le développement des partenariats entre Europe et Amérique latine, il est également membre d’ATTAC et du Parti socialiste.

Il viendra nous présenter son livre (sorti à la rentrée et disponible à la vente lors de la conférence) qui sera notre thématique de la soirée : « Les socialistes, les altermondialistes et les autres »

Cette conférence aura lieu le : Mercredi 1er octobre 2008 à 20h au Centre social de Lons-le-Saunier

Comptant sur votre présence, nous vous adressons nos amitiés républicaines.